Rattraper le retard causé par la pandémie

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Laurin Conteneurs a plusieurs postes de soudeurs à pourvoir en raison des semaines de production perdues.

La COVID-19 n’a pas ralenti la croissance de Laurin Conteneurs, au contraire. En 2020, la PME de Laval a fait le plein de nouveaux clients – près d’une centaine, en fait – pour ses conteneurs en acier. Une heureuse situation qui met toutefois de la pression sur le recrutement de la main-d’œuvre, qui n’est déjà pas facile.

À court terme, l’entreprise a besoin de pourvoir plus d’une dizaine de nouveaux postes, principalement de soudeurs, de plieurs et de manutentionnaires ; des travailleurs qui se font rares sur le marché de l’emploi.

Pour Laurin, qui a enregistré une augmentation de son chiffre d’affaires de près de 30 % l’an dernier, il n’y a pas que la croissance qui force le recrutement. Elle a aussi besoin de bras pour reprendre le rythme de production d’avant la COVID-19.

« On roule à fond de train pour rattraper le retard qui, comme chez bien d’autres manufacturiers, est de huit semaines environ, explique Frédéric Albert, président. Au début de la première vague, on a été obligé de ralentir la production à certaines périodes, d’où les retards. Aujourd’hui, on arrive à respecter les délais de livraison. Le problème, c’est qu’on n’a pas assez de main-d’œuvre pour vraiment remettre la pédale au fond. »

Diverses solutions

Actuellement, Laurin fonctionne sur deux quarts de travail. Le recrutement est particulièrement difficile pour pourvoir les postes de soudeurs du quart du soir.

« Avec la pénurie de main-d’œuvre, ils ont la chance de se trouver des postes de jour un peu partout. Donc, le quart de soir est très difficile à remplir », dit M. Albert.

Pour pallier le manque, Laurin s’est tourné vers le recrutement international, qu’il compte accentuer dans les prochains mois.

« On lorgne principalement du côté de la Tunisie et du Maroc. On a acheté une maison à proximité de l’usine pour pouvoir loger les travailleurs étrangers que l’on va recruter, explique Frédéric Albert. On y va graduellement, quelques-uns à la fois, pour assurer le succès de l’intégration. »

« Les travailleurs étrangers préfèrent en général travailler le soir. C’est un avantage du recrutement international », ajoute-t-il.

Laurin compte également augmenter sa capacité de production en procédant dans les prochains mois à l’agrandissement de son usine de 30 000 pieds carrés.

« On veut ajouter 10 000 pieds carrés supplémentaires. Cela paraît peu, mais cela nous permettra d’optimiser l’espace. On pourra ainsi fabriquer deux conteneurs de 70 verges en même temps, au lieu d’un seul. Ce produit représente 20 % de nos ventes, cela va nous permettre un gain de productivité appréciable. »

Objectif croissance

Frédéric Albert nourrit de grandes ambitions pour Laurin, qu’il a acquise en 2019 avec son associé, Frédéric Chabanne. Les deux hommes sont partenaires au sein de Fredac, une société d’investissement, qui se spécialise dans l’acquisition d’entreprises à redresser, mais à fort potentiel de rendement.

En 2010, ils ont notamment acheté Fibrobec, le fabricant de boîtes de camionnette en fibre de verre, qui était à l’époque en difficulté financière. Remise sur les rails, elle a depuis renoué avec la rentabilité.

Ils sont en processus de répéter l’exploit avec Laurin, dont les ventes stagnaient. En deux ans, ils ont procédé à plusieurs changements.

Ils ont réorganisé l’usine, révisé le catalogue de produits pour se concentrer sur ceux présentant le meilleur potentiel de ventes, automatisé certaines opérations.

Bientôt l’exportation

Actuellement, Laurin vend exclusivement au Québec, en Ontario et dans les provinces de l’Atlantique. Dans un avenir qu’ils espèrent rapproché, les deux associés ont toutefois l’objectif de se lancer dans l’exportation.

« On y va par étape, précise Frédéric Albert. Notre priorité est de bâtir sur du solide. On a un portefeuille de produits incroyables, nos conteneurs profitent d’une excellente renommée. On veut aussi continuer de bien accompagner nos clients actuels avant de diversifier nos marchés. »

Laurin n’a donc pas fini de créer de nouveaux postes.

SYLVIE LEMIEUX

Mercredi, 10 mars 2021 00:00
MISE À JOUR Mercredi, 10 mars 2021 00:00